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UniCredit prépare la garde et le trading crypto pour ses clients

UniCredit recherche un partenaire technologique pour offrir à ses clients la garde et le trading d'actifs numériques. Une stratégie qui se dessine pièce après…

5 min de lecture Comment nous travaillons

UniCredit envisage un virage stratégique qui, s'il se confirme, la placerait bien au-delà des expériences de tokenisation conduites ces derniers mois: offrir à ses clients la possibilité de conserver et d'échanger directement des actifs numériques. Selon Bloomberg, la banque est en train de sélectionner un fournisseur technologique capable de construire l'infrastructure nécessaire pour détenir des cryptomonnaies et d'autres actifs numériques, et pour en faciliter l'achat et la vente. C'est un chapitre potentiellement décisif de la stratégie d'UniCredit en matière de conservation de cryptomonnaies et, plus généralement, d'actifs numériques.

Une précision s'impose avant d'aller plus loin, car l'enthousiasme peut vite prendre le dessus: les plans en sont encore à un stade préliminaire. Aucun fournisseur n'a été retenu, et la banque n'a pris aucune décision définitive sur les produits qui seront effectivement proposés aux clients. Un porte-parole d'UniCredit a préféré ne pas commenter. Cela dit, la nouvelle prend un sens beaucoup plus large si on la replace dans le contexte des autres mouvements effectués par la banque ces derniers mois. Voici pourquoi.

Ce que la banque étudie concrètement

Selon les informations disponibles, le périmètre à l'étude est assez large et va bien au-delà de la simple tokenisation déjà expérimentée par le passé. Les domaines envisagés comprennent la conservation de cryptomonnaies, des services d'intermédiation pour l'achat et la vente, des produits d'investissement tokenisés et, élément particulièrement intéressant, de possibles instruments à revenu fixe liés aux stablecoins. Concrètement, la banque étudierait la façon de construire la couche de services destinée directement au client final, celle qui permet de posséder et d'échanger ces instruments, et pas seulement de les émettre.

C'est une distinction technique importante qui mérite d'être expliquée. Émettre une obligation sous forme numérique sur une blockchain, aussi innovant que cela soit, ne crée pas à lui seul un marché complet et fonctionnel. Les investisseurs ont toujours besoin d'un accès réglementé, d'un endroit sûr pour conserver ces titres, d'un moyen de les négocier et d'un système qui en régit l'échange. Jusqu'à présent, les initiatives d'UniCredit s'étaient concentrées principalement sur le côté de l'émission. Cette nouvelle phase d'étude concernerait précisément la couche manquante, celle en contact direct avec le client.

Les grandes banques internationales et leur entrée dans les actifs numériques
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Une stratégie construite pièce après pièce

C'est ici que la nouvelle prend une dimension bien plus significative qu'un simple communiqué isolé. En observant dans l'ordre les mouvements effectués par la banque ces derniers mois, un plan cohérent se dessine clairement. En avril, UniCredit a investi quatre millions d'euros pour environ seize pour cent de BlockInvest, la société italienne spécialisée dans les infrastructures de tokenisation, en déclarant explicitement son intention d'accélérer sur les solutions financières basées sur la blockchain, comme nous l'avions rapporté à propos du premier bond tokenisé italien réglé en monnaie de banque centrale. Peu après, la banque a effectivement émis des instruments financiers tokenisés.

Trois jours seulement avant cette nouvelle, le 8 septembre, UniCredit avait annoncé une participation minoritaire, avec option d'augmentation future, dans VC Trade, une plateforme allemande spécialisée dans le marché de la dette numérique. Et maintenant, avec cette nouvelle phase d'étude sur la conservation et le trading, la banque chercherait à compléter le tableau en ajoutant la pièce destinée directement au client final. Il n'est plus vraiment exact de parler d'«UniCredit qui entre dans les crypto»: la lecture la plus précise est que la banque assemble, une pièce à la fois, une infrastructure complète pour les actifs numériques, de l'émission jusqu'à la conservation et à la négociation.

Les pièces de la stratégie UniCredit

Cinq mois de mouvements. Source: UniCredit, Bloomberg, 2026

  • Avril 2026: 4 millions d'euros pour 16% de BlockInvest, pour l'infrastructure de tokenisation.
  • 8 septembre 2026: participation minoritaire dans VC Trade, marché de la dette numérique allemand.
  • 11 septembre 2026: recherche d'un partenaire technologique pour la conservation et le trading crypto aux clients.

Pas un cas isolé dans le secteur bancaire européen

Ce mouvement d'UniCredit, bien qu'encore préliminaire, s'inscrit dans une tendance plus large qui traverse le secteur bancaire international. Plusieurs grandes banques mondiales franchissent déjà des étapes concrètes dans cette direction: une grande banque commerciale américaine a récemment finalisé un paiement transfrontalier en utilisant son propre stablecoin propriétaire, tandis qu'une banque britannique de premier plan a lancé, il y a quelques jours à peine, des services de trading spot sur Bitcoin et Ether pour des clients institutionnels au Moyen-Orient.

En restant dans la zone euro, UniCredit n'est pas la seule banque à bouger sur ce front. Dans le contexte français, l'AMF encadre depuis 2019 le statut de Prestataire de Services sur Actifs Numériques (PSAN), et plusieurs établissements se préparent à des offres similaires à mesure que MiCA harmonise les règles à l'échelle européenne. En Italie, Banca Sella, autre membre du consortium bancaire européen derrière le stablecoin en euros sur Ethereum dont nous avons déjà parlé, a déjà obtenu les autorisations nécessaires pour offrir des services de conservation et de transfert de cryptomonnaies. Le tableau qui se dessine est celui d'un secteur bancaire européen qui, à des rythmes différents, s'équipe en parallèle pour offrir à ses clients un accès direct et réglementé au monde des actifs numériques.

Chronologie des actifs numériques UniCredit
Chronologie des actifs numériques UniCredit

La lecture d'ensemble

Si cette stratégie devait se concrétiser, elle représenterait un tournant significatif pour les relations entre le système bancaire traditionnel et le monde des actifs numériques. Jusqu'à présent, une grande partie de l'activité des grandes banques européennes s'est concentrée sur le côté «en gros» de la tokenisation: émettre des titres numériques, expérimenter des infrastructures, construire des partenariats technologiques. Offrir directement aux clients la possibilité de conserver et de négocier des actifs numériques signifierait rapprocher cette transformation des personnes ordinaires, en l'intégrant dans les services bancaires du quotidien.

Pour l'observateur, la leçon est double. D'un côté, cette affaire montre que les grandes stratégies d'entreprise dans la finance numérique se présentent rarement comme une seule grande annonce: elles émergent plutôt de façon graduelle, à travers une série de mouvements apparemment indépendants qui, observés dans leur ensemble, révèlent un plan cohérent. Savoir relier ces points dans le temps est souvent plus instructif que n'importe quel communiqué de presse isolé. De l'autre côté, la prudence reste de rigueur: entre une phase d'étude des fournisseurs technologiques et un service réellement disponible pour les clients, il peut s'écouler beaucoup de temps, et rien ne garantit que tous les éléments aujourd'hui à l'étude arrivent vraiment sur le marché. Cette histoire mérite d'être suivie de près, car si même une partie de ces pièces devait se mettre en place, la façon dont les clients européens accèdent aux actifs numériques via leur banque pourrait changer de façon substantielle. Pour approfondir ces sujets, notre guide sur comment conserver les cryptomonnaies en sécurité reste une référence utile.

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