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AI

Sanders veut geler l'IA : une loi contre les super-modèles

Bernie Sanders propose une loi pour suspendre le développement des super-modèles d'IA jusqu'à l'instauration de garde-fous fédéraux.

3 min de lecture Comment nous travaillons

Bernie Sanders, sénateur populaire du Vermont et ancien candidat aux primaires démocrates américaines, s'inquiète de l'intelligence artificielle et de l'absence de cadre réglementaire qui l'encadre. À son sens, il faudrait geler le développement des modèles actuels, qui pourraient selon certains menacer la finance mondiale, jusqu'à ce que le Congrès impose des garde-fous crédibles. C'est, sans conteste, la réaction législative la plus forte depuis que l'IA s'est imposée dans nos vies.

La proposition de Sanders

Sanders n'est pas opposé à l'IA par principe. Son intention, et celle du représentant Greg Casar, co-signataire du projet de loi pour un temporary ban, est de suspendre le développement des super-intelligences artificielles: tous ces modèles d'apprentissage automatique qui, en s'améliorant en continu sans aucune supervision, pourraient finir par dépasser l'intelligence humaine et échapper au contrôle de leurs utilisateurs.

L'idée des deux signataires est de décourager tout développement non encadré, avec des peines pouvant aller jusqu'à 20 ans d'emprisonnement pour quiconque tenterait de contourner les restrictions. L'inspiration vient des mesures adoptées pour lutter contre la prolifération des armes nucléaires.

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Sanders ne juge pas ses termes excessifs. Le sénateur est convaincu que seules des normes strictes peuvent ralentir, voire stopper, le pouvoir démesuré des oligarques de la tech. Les trois principaux dangers pour la stabilité politique, sociale et économique portent, dans sa lecture, les noms d'OpenAI, d'Anthropic et de Meta.

Parmi les arguments avancés figurent les appels lancés ces derniers mois par plusieurs développeurs de modèles de langage, qui ont eux-mêmes demandé un ralentissement de cette technologie en croissance permanente.

La loi imaginée par Sanders s'appellera l'Artificial Superintelligence Ban Act.

Au-delà de l'interdiction: un engagement exigé

Sanders et Casar vont bien au-delà d'une simple interdiction de développement. Leur objectif n'est pas d'annuler la révolution de l'intelligence artificielle, mais d'en améliorer l'impact sur nos vies.

Il s'agirait d'instaurer une pause jusqu'à ce qu'une nouvelle agence fédérale, dédiée exclusivement à l'IA et au suivi de son développement, soit pleinement opérationnelle et établisse des règles, des procédures de révision et un ensemble de garanties de sécurité. Les superintelligences qui inquiètent le sénateur sont des systèmes capables de surpasser, à force de s'améliorer, l'intelligence humaine, ou ayant la capacité de renverser des gouvernements, en devenant suffisamment puissants pour ignorer les commandes d'arrêt données par un opérateur humain.

La mesure va bien au-delà du règlement européen sur l'IA et implique aussi une coopération internationale. Les États-Unis devraient être le premier pays à reconnaître les risques potentiels liés à cette technologie et à œuvrer pour conclure des accords limitant le développement non contrôlé de la superintelligence artificielle partout dans le monde, grâce à une coordination élargie aux alliés politiques.

L'impact de la proposition sur la DeFi

La proposition de Sanders n'a guère suscité d'enthousiasme, et il est peu probable qu'elle prospère dans un contexte où les États-Unis font face à des préoccupations autrement plus urgentes: gestion d'un président imprévisible, creusement du déficit, résultats décevants de la politique commerciale et crises au Moyen-Orient.

Si le processus législatif devait néanmoins avancer, la mesure toucherait inévitablement la finance décentralisée. Les principaux acteurs du secteur sont partagés sur l'avenir de l'IA dans leur domaine. Certains la redoutent, la percevant comme une spirale prête à échapper à tout contrôle et à menacer la sécurité des blockchains et des plateformes d'échange.

Ce courant de pensée voit sans doute d'un bon œil la proposition du sénateur démocrate. En face, on trouve l'école portée par Vitalik Buterin, co-fondateur d'Ethereum, selon lequel les cryptomonnaies n'ont pas à se sentir menacées par l'IA: les ingénieurs spécialisés en cybersécurité qui ont protégé l'infrastructure de Bitcoin et des autres grandes cryptos depuis quinze ans seront en mesure de faire évoluer les défenses pour répondre aux nouvelles menaces que l'IA pourrait générer.

Le risque, en bannissant l'intelligence artificielle, est de contenir non seulement les dangers liés à sa prolifération, qui existent bel et bien, mais aussi d'étouffer les opportunités qu'elle est capable d'ouvrir. Ces opportunités sont nombreuses, y compris dans la sphère financière.

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