Vitalik Buterin, co-fondateur d'Ethereum, estime que l'intelligence artificielle ne représente pas une menace crédible pour Bitcoin à court terme. Alors que plusieurs figures majeures de la finance mondiale expriment des inquiétudes croissantes face à l'essor de l'IA, le créateur d'Ethereum adopte une position résolument plus nuancée. En France, l'AMF elle-même surveille de près les interactions entre IA et marchés d'actifs numériques, ce qui rend ce débat particulièrement pertinent pour les investisseurs francophones.
La prédiction alarmiste de Liron Shapira
Le principal auteur des craintes d'un effondrement est Liron Shapira, animateur du podcast Doom Debates consacré aux risques liés à l'IA. Dans un post sur X le 6 septembre 2026, Shapira a affirmé, avec une confiance de 50%, que le prix de Bitcoin chuterait de plus de 50% dans les deux prochaines années, en raison de l'IA qui saperait les garanties de sécurité et de robustesse sur lesquelles les détenteurs fondent leurs investissements.
Shapira n'a pas précisé si ses craintes portent sur le taux de hachage ou sur la cryptographie elle-même, ce qui affaiblit considérablement son argumentation. Buterin a répondu en quelques heures sur X, exposant clairement sa position opposée.
Le soupçon d'une attaque sur le hachage
La sécurité de Bitcoin repose sur deux piliers: la puissance de minage, mesurée par le hashrate, et la cryptographie du hachage. Les craintes liées à l'IA se concentrent précisément sur la cryptographie, qui constitue le flanc le plus exposé de l'activité de minage. Shapira n'a pas été précis sur lequel de ces deux aspects l'IA pourrait affaiblir, ce qui ne plaide pas en sa faveur.
I claim (50% confidence) that BTC prices will crash 50%+ in the next 2 years because of AI undermining what people imagined were its security or robustness guarantees.
, Liron Shapira (@liron) September 6, 2026
Buterin a calmé le jeu, déclarant dans son post sur X qu'il n'est pas inquiet pour la sécurité informatique à long terme de Bitcoin.
Bitcoin peut s'adapter, selon Buterin
Le co-fondateur d'Ethereum fonde sa tranquillité sur une conviction solide: Bitcoin est capable d'absorber tout problème ne nécessitant pas un consensus social externe. La mise à jour des clients et des pools de minage relève des décisions prises en interne par les Core Developers au sein de leur communauté, sans approbation extérieure.
Par conséquent, écrit Buterin, la probabilité d'une rupture des fonctions de hachage, d'une baisse de la puissance de calcul du proof-of-work ou d'un forçage de la cryptographie restera faible dans un futur proche. Une équipe d'ingénieurs qualifiés défend la base depuis plus de 15 ans, ce qui constitue un argument de poids difficile à ignorer.
Les blockchains majeures, dont celle d'Ethereum que Buterin connaît mieux que quiconque, se préparent depuis longtemps à répondre aux menaces représentées par l'IA, en élevant de nouvelles barrières de sécurité. La conscience du potentiel de cette technologie est bien ancrée dans les équipes de développement.
Pour illustrer sa confiance, Buterin précise que 90% de son patrimoine est investi en cryptomonnaies et que cette proportion restera la même durant les deux prochaines années, soit exactement l'horizon dans lequel Shapira prédit l'effondrement de Bitcoin. Il n'envisage pas de céder ses actifs numériques sur la base d'une crainte qu'il juge infondée.
Les avertissements de Shapira ne doivent pas être balayés d'un revers de main: l'IA représente autant un risque qu'une opportunité pour les marchés financiers. Cela dit, la position de Buterin paraît mieux ancrée dans la réalité opérationnelle du réseau que le catastrophisme de l'animateur de Doom Debates, lequel a par ailleurs un intérêt évident à amplifier l'alarmisme pour attirer des auditeurs.
L'écosystème Bitcoin s'est révélé extrêmement solide depuis 2009. Partant de ce constat, un acteur central comme Buterin ne voit aucune raison de croire que l'avènement de l'IA renversera cet état de fait. Pour les investisseurs français exposés aux actifs numériques, la question à surveiller reste celle de l'évolution des standards cryptographiques post-quantiques, un chantier que le NIST américain a formellement ouvert et que les équipes Ethereum et Bitcoin Core suivent de près.



