CoinShares entre au Nasdaq : première cotation européenne pure-play crypto aux États-Unis
Le 1er avril 2026, CoinShares PLC — le plus grand gestionnaire européen spécialisé en actifs crypto, avec plus de 6 milliards de dollars sous gestion — a commencé à se négocier sur le Nasdaq sous le ticker CSHR. Il s'agit de la première société européenne exclusivement dédiée aux crypto-actifs à accéder aux marchés de capitaux américains à cette échelle. La cotation s'est effectuée via une combinaison d'entreprises d'une valeur de 1,2 milliard de dollars avec la SPAC Vine Hill Capital Investment Corp., soutenue par un engagement institutionnel de 50 millions de dollars d'Alyeska Master Fund.
Thank you @NasdaqExchange and @Nasdaq and @Nasdaq for an unforgettable day.
— CoinShares (@CoinSharesCo) April 9, 2026
A major milestone for CoinShares and the beginning of a new chapter.
Proud to share this moment with our Co-founder, President and CEO @jmmognetti, alongside our Board members and Co-founder @dannylmasters,… pic.twitter.com/pazL6rErv7
Mognetti sonne la cloche du Nasdaq : un signal fort pour les investisseurs européens
Le 8 avril 2026, Jean-Marie Mognetti, co-fondateur et PDG, a sonné la Nasdaq Opening Bell à Times Square — un geste hautement symbolique pour une société dont le siège est enregistré au Royaume-Uni et dont l'essentiel de l'activité reste ancré en Europe. Sur CNBC, il a été direct : "Nous avons beaucoup d'encours en Europe, mais pas assez aux États-Unis. Nous voulons devenir une entreprise bien plus grande, et notre croissance se mesurera à notre capacité à pénétrer ce marché."
Ce n'est pas un pari hasardeux. CoinShares a dégagé des bénéfices pendant 12 années consécutives — à travers le krach de 2018, l'effondrement de FTX en novembre 2022 et la correction du premier trimestre 2026. Sur le marché européen des ETP crypto, la société détient 34 % de parts de marché, se positionnant au quatrième rang mondial derrière BlackRock, Grayscale et Fidelity. Pour les investisseurs français soumis au PFU à 30 % sur les cessions de crypto-actifs, une exposition via une action cotée au Nasdaq peut offrir une alternative fiscalement structurée à la détention directe.
Se coter pendant la chute du Bitcoin : un choix assumé
Le 8 avril, au moment où Mognetti sonnait la cloche, le Bitcoin cotait autour de 70 000 dollars — en repli de 23 % depuis le début de l'année, dans une semaine marquée par les incertitudes tarifaires mondiales. Kraken avait reporté son projet d'IPO. CoinShares a maintenu le cap. "Nous ne croyons pas aux fenêtres temporelles," a déclaré Mognetti. "Nous nous cotons parce que l'entreprise est prête."
Ce contexte s'inscrit dans une dynamique plus large. Quelques jours auparavant, Morgan Stanley avait lancé son ETF spot Bitcoin MSBT sur NYSE Arca, devenant la première grande banque américaine à émettre directement un tel produit. En mars 2026, la SEC et la CFTC avaient conjointement qualifié Bitcoin, Ethereum et Solana de matières premières numériques, marquant le tournant réglementaire américain le plus significatif depuis des années. En France, l'AMF suit de près ces évolutions transatlantiques dans le cadre de l'harmonisation MiCA.
Ce qui attend CSHR : perspectives pour les investisseurs
CoinShares gère 39 produits sur 4 plateformes et génère ses revenus principalement via des commissions de gestion récurrentes — un modèle qui la protège des pics de volatilité des volumes de trading. Le plan de croissance dépasse largement les ETP. Mognetti a annoncé une expansion vers les stratégies alternatives actives et la DeFi, un secteur en pleine phase de consolidation en 2026. La cotation au Nasdaq apporte quelque chose qu'aucune bourse européenne ne pouvait offrir : des actions comme monnaie d'acquisition sur le marché américain.
Le 14 avril, Mognetti interviendra à la Centri Capital Conference — sa première prise de parole publique destinée aux investisseurs américains depuis le début des négociations. Le rapport de résultats du T1 2026 constituera le premier vrai test de valorisation. L'histoire de CoinShares au Nasdaq commence ici — et manifestement, elle ne s'arrêtera pas là.
