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Bitcoin et Dogecoin pour bus, péages et parkings: un brevet italien

Une entreprise italienne a breveté un système pour payer en Bitcoin et Dogecoin billets, péages et parkings, sans banque ni intermédiaire. Un brevet, pas…

Et si demain on pouvait payer son ticket de bus, son péage autoroutier ou sa place de parking directement en Bitcoin, voire en Dogecoin, la cryptomonnaie née comme une blague? Ce n'est plus une simple hypothèse d'enthousiastes: une entreprise italienne vient d'obtenir un brevet officiel pour un système qui rend techniquement possible exactement cela. C'est l'une de ces nouvelles qui méritent l'attention, car elles marquent une tentative concrète de sortir les cryptomonnaies du monde de la finance pour les intégrer dans la vie quotidienne.

L'histoire vient de Toscane, d'une entreprise spécialisée dans les systèmes de billetterie électronique pour le transport public, avec un caractère résolument «Made in Italy». Avant de se laisser emporter par l'enthousiasme, une précision s'impose: détenir un brevet ne signifie pas qu'on pourra monter dans le bus demain matin et payer en cryptomonnaie. Voyons donc ce qui a réellement été inventé, comment cela fonctionne et quelles sont les perspectives concrètes.

Ce qui a été breveté

Allons aux faits. Une entreprise italienne basée près de Florence, spécialisée depuis des décennies dans les systèmes de billetterie pour bus et transports en commun, a obtenu du ministère italien des Entreprises et du Made in Italy un brevet pour une technologie permettant de payer en cryptomonnaie une large gamme de services liés à la mobilité: billets et abonnements de transport public, péages autoroutiers, parkings et même les accès aux zones à circulation restreinte des villes.

WO2025233853A1 - Purchasing and payment methods and techniques based on blockchain technology - Google Patents
A system for purchasing travel documents and for paying tolls and/or parking fees is based on the use of Blockchain technology. It comprises a VTS Server (10), a Blockchain Server Node (15) synchronized with a Blockchain network (100) and a plurality of Smartphone user devices (20(i)). An application (APP(i), APPAuto(i)) for managing purchases towards at least one Transport company or Operator (40(j), 50(k)) is present on every Smartphone user device (20(i)). The Blockchain Server Node (15) is connected to the Blockchain (100) by means of a connection (30) in Peer to Peer mode, P2P, and locally saves and stores (15w) a copy (BC) of the Blockchain (100), the first public addresses (addAPP(i), addAPPAuto(i)) associated with each user and the private keys (KEYpr(i)) of the users. The VTS Server (10) creates the public addresses (addAPP(i), addAPPAuto(i)) for each application (APP(i), APPAuto(i))) associated with a user, calculates the current balance of the user of the Smartphone (20(i)) and, in the event of sufficient value, creates and delivers, to the application (APP(i), APPAuto(i)), a pass or Token which allows the use of the Transport network and which generates a transaction (TE) on the Blockchain (100), in which the VTS Server (10) authorizes the transaction by means of the user private key (KEYpr(i)) saved (15w) in the Blockchain Server Node (15). The transaction (TE) transfers the content, or part of it, from a first wallet (20w(i)) belonging to the Smartphone user (20(i)) and associated with a first public address (addAPP(i), addAPPAuto(i))) to a second wallet (40w(j)) belonging to the Transport company or Operator (40(j), 50(k)) and associated with a second public address (add40(j), add50(k)).

Ce qui est le plus intéressant, c'est qu'il ne s'agit pas d'un simple gadget publicitaire, du classique bouton «payer en crypto» collé sur un système de paiement ordinaire. On est face à une véritable invention technique, développée par deux ingénieurs de l'entreprise et protégée non seulement en Italie mais aussi à l'échelle internationale. Le brevet a été accordé au début de l'été, après une demande déposée plus de deux ans auparavant: signe d'un travail de développement loin d'être improvisé.

AEP Ticketing Solutions Sistemi ed apparati per la bigliettazione elettronica
Progettazione e produzione di sistemi ed apparati per la bigliettazione elettronica per il trasporto pubblico - Our Prority Your Mobility

Comment fonctionne le système

Le mécanisme est ingénieux parce qu'il supprime les intermédiaires. Contrairement au paiement par carte de crédit, où interviennent banques et réseaux de paiement qui prélèvent des commissions, ce système met directement en relation le portefeuille numérique de l'utilisateur et celui de l'opérateur de transport. Concrètement, le passager et l'entreprise disposent chacun d'une «adresse» sur la blockchain: lors de l'achat d'un billet, une transaction est générée qui transfère le montant dû directement de l'un à l'autre, sans aucun passage intermédiaire.

Sur le plan technique, le système repose sur trois composants qui communiquent entre eux: un serveur qui gère la billetterie, un nœud connecté directement à une blockchain publique comme celle de Bitcoin ou de Dogecoin, et une application sur le smartphone de l'utilisateur. Les usages envisagés sont concrets et variés: du ticket de bus validable par un simple geste via Bluetooth jusqu'à un véritable «Télépéage en monnaie numérique» pour les autoroutes, avec une application qui reconnaît la plaque du véhicule aux barrières. Un élément notable: cette technologie s'inscrit dans une infrastructure de billetterie déjà utilisée par plusieurs opérateurs de transport italiens, ce qui la rend potentiellement plus facile à adopter qu'un système construit de zéro.

Crypto et mobilité: le brevet italien

Ce que prévoit le brevet. Source: ANSA, AEP, 2026

  • Quoi: un brevet pour payer en cryptomonnaie billets, abonnements, péages, parkings et accès aux zones à circulation restreinte.
  • Comment: paiement direct du wallet de l'utilisateur vers celui de l'opérateur, sans banque ni intermédiaire.
  • Attention: c'est une technologie brevetée, pas un service déjà actif. Aucun opérateur de transport ne l'a encore lancée au public.

Pourquoi cette nouvelle est importante

Au-delà de la curiosité, cette nouvelle a une valeur particulière pour ceux qui suivent le monde des cryptomonnaies: elle représente l'un des rares cas italiens où la technologie crypto se connecte à une infrastructure concrète et quotidienne, plutôt qu'au domaine habituel du trading, des investissements ou de la conservation d'actifs. La question sous-jacente est fascinante: les cryptomonnaies peuvent-elles sortir des exchanges, où elles sont aujourd'hui principalement achetées et vendues, pour entrer dans un usage pratique comme payer un moyen de transport?

L'adoption réelle, voilà ce qui compte vraiment pour l'avenir de cette technologie. Une cryptomonnaie qui ne sert qu'à spéculer reste un phénomène financier de niche. Celle qu'on peut utiliser pour payer des services du quotidien devient, potentiellement, une véritable monnaie. Des initiatives comme celle-ci, qui introduisent le sujet dans la mobilité urbaine, s'ajoutent à d'autres signaux d'un intérêt croissant du monde traditionnel pour ces technologies, comme lorsque nous avons relaté l'entrée de la blockchain dans la formation du secteur immobilier. Ce sont autant de pièces d'une normalisation lente, mais constante.

Les obstacles à franchir: pourquoi ce n'est pas encore une réalité

Place au réalisme, indispensable pour ne pas créer de fausses attentes. Comme annoncé, le fait que cette technologie existe et soit brevetée ne signifie pas qu'elle soit déjà utilisable. À ce stade, aucune entreprise de transport italienne ne semble avoir activé ce système pour ses passagers. Il existe souvent un écart considérable entre l'invention d'une technologie et son adoption concrète à grande échelle.

Les obstacles ne manquent pas. Le premier, évident, est la volatilité: la valeur de cryptomonnaies comme Bitcoin, et surtout Dogecoin, peut fluctuer fortement, ce qui pose un problème pratique pour un micropaiement tel qu'un ticket de bus. Qui assume le risque si, entre le moment du paiement et celui de l'encaissement, la valeur change? Viennent ensuite les questions fiscales et réglementaires, toujours délicates dès qu'on parle de cryptomonnaies, puis celle de l'adoption par les utilisateurs: combien de passagers seraient aujourd'hui prêts et équipés pour payer leur trajet en Bitcoin? Ce sont des questions ouvertes, dont les réponses détermineront si cette invention restera un brevet sur le papier ou deviendra un service réel. Pour mieux comprendre les bases, notre guide sur ce que sont les cryptomonnaies peut s'avérer utile.

La lecture d'ensemble

Au-delà de ses débouchés pratiques, ce brevet italien révèle quelque chose de significatif sur la période que nous traversons. Il montre comment l'idée d'utiliser les cryptomonnaies pour des paiements quotidiens sort des cercles d'initiés pour entrer dans les laboratoires de recherche et développement d'entreprises bien réelles, qui investissent temps et ressources pour construire des solutions concrètes. Qu'une société italienne spécialisée dans un secteur traditionnel comme la billetterie des transports choisisse de breveter une telle technologie témoigne de l'enracinement de ces idées dans des domaines inattendus.

Pour l'observateur, la leçon est double. D'un côté, un enthousiasme mesuré s'impose: un brevet est un point de départ, pas d'arrivée, et le chemin vers un usage réel reste long, semé d'obstacles concrets allant de la volatilité à la réglementation. De l'autre, le signal de fond mérite d'être saisi: la recherche d'applications pratiques et quotidiennes pour les cryptomonnaies est bien vivante, y compris en Italie, y compris dans des secteurs éloignés de la finance. C'est précisément de ce type d'initiatives, souvent discrètes et peu spectaculaires, que pourrait naître un jour l'adoption de masse dont on parle tant. La route pour payer son bus en Bitcoin est encore longue, mais quelqu'un, en Italie, vient tout juste de commencer à la tracer.

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